11 réflexions sur « Erosphère Paris 2016: rêve éveillé fantasmatique, *** English below *** »

  1. Bonjour Ysel, merci pour ce moment que je tenais à commenter ici pour essayer de partager avec d’autres ce que j’ai vécu pendant ce workshop :
    « avant .. Je suis subjugué par cette créature… La salle est sombre, je ne sais pas a quoi m’attendre . La voix m’attire et je découvre … Je comprends qu’il y a ceux qui voyageront … Et les autres . Pourtant au début, l’exercice de test ne me convainc pas… J’ai peur de ne pas être hypnotisable , mes mains ne se rapprochent pas… Résistent ! Heureusement ta voix reprends ces explications . Et la je comprends qu’il faut faire confiance et lâcher prise . Il y a un chemin , pas des chemins … Pas le mien … Celui qui est dicté…
    alors la séance reprend ou plutôt la phase de voyage commence … Pas évident même si j’ai une grosse envie de plonger dans cet état … Le choix de la boule de couleur (violette=spiritualité) m’aidera peut être …? Des sensations oui, des images non … Un trouble oui … Puis la boule qui se positionne sur mon front et la … Le voyage commence … La voix est entrée en moi même si je ne lâche pas complètement … La musique entre en jeu … Je savais que la musique aurait son importance … Et j’attends la voix chanté …. Et quand elle arrive … Ouaouhhh décollage immédiat . Sensation de bien être , de plénitude , de bonheur … D’excitation … Le mouvement de la balle sur les parties du corps et se focalise comme la voix le dicte fait monter de drôles de sensations, inconnues, agréables … Association avec les couleurs renforcent tout …
    puis mon esprit s’échappe … Veut pendre des chemins de traverses… Non non … Je me rappelle la voix qui a dit de rester sur le chemin … Alors j’y reviens … Et me voilà rassuré …
    Pas longtemps ..car il faut se lever … Aller découvrir les autres … Panique , sensation désagréable … Qui, pour quoi faire … Donc je bouge pas , n’ouvre pas les yeux … J’ai un désir … Rencontrer la voix … Je suis excité … Tout s’accélère et je commence à avancer avec crainte … Le spot m’eblouie je vais retourner vers la voix qui m’attire … Mais tout a coup une silhouette cache le spot… C’est la pénombre … Je sent des gens autours … J’ai envie d’ouvrir les yeux… Non surtout pas ! Alors je laisse faire … Une main,?une balle , des mains des balles … Et le désir qui monte … Au bas de mon ventre cette sensation découverte un peu avant Ouaou que c bon … C long mais court, je profite …je prend plaisir … Ces mains ces balles me fouillent l’intérieur . RIRE qui surprend , souffle qui ravive … Soupirs autour de nous . C’est trop bon ! Mais la voix en décide autrement .. Il faut s’éloigner … C’est impossible … Déchirure d’une premier balle des mains … Qui se ruent sur la paire qui reste ..
    fusion , confusion , envie de plus … Mais la voix , la musique nous rappelle … Jalouse ? Possessive ? Deuxième phase solo … Et la descente ( je désobéi mais tant pis) les marches me mènent dans ce donjon vers le bas ( image qui revient du 1er atelier de l’érosphere )
    1 marche, 2 marche … Je suis vraiment dans ce rêve … C un plaisir de descendre .., que vais je découvrir .. Je vois des portes … Que la voix annoncé ensuite … Ouaou … Je ne regrette pas d’avoir lâché les mains …

    Le palier … 1 ère porte , non , 2ème non plus … 3ème ou 5eme ? Je me retrouve devant qu’y at-il derrière ? … Je n’en sais rien , aucune idée … C insoutenable … Chaleur dans le bas ventre … Allez je pousse on verra … Et la je me fais attirer … Je ne vois rien mais tout se brouille et éclaircie … Avant de descendre ( entre les 2 phases) j’ai pleuré tellement c’était puissant . J’ai pleuré sans forcer , de ce pleur que j’ai déjà eu dans une circonstance particulière que ou je me suis qualifié de « femme fontaine » ou j’ai été touché par la féminité …
    Et la je comprends tout … Je suis venue découvrir cette facette . Non pas extérieure mais intérieure … Toutes les sensations du bas ventre … Ne serait-ce la jouissance féminine …? Il temps de repartir avec ça… De remonter les marchés … Je pense que je vais partir avec ça … Mais non, le voyage continu…
    retour vers les autres … Envie de la voix … Désir irrésistible comme au début … Je suis tétanisé …et puis contact! Je connais cette balle.. Ces mains . Jouissif ! L’échange s’opère … Comme ci elle (c’est une femme) m’apprend à maîtriser ce nouveau corps interne, m’apprends a jouir de cette féminité interne….(a ce stade les mots me Manquent pour expliquer …) puis la Voix nous rappelle que la fin est proche … C’est un déchirement … C’est réciproque … Tant pis pour les consignes .., les souffles se rapprochent , les lèvres … Les peaux s’effleurent … « Merci » s’échappe de nos bouche et de nos corps … La voix nous rappelle , la musique a joué de nous aussi … Maintenant toute chose a une fin… Je garderai… Nous garderons tout ceci en mémoire .,. Dans nos corps , dans nos esprits, dans nos chairs …
    Repos calme, retour a la réalité … Pas facile mais pas difficile non plus. Découverte de l’autre . Plénitude . Bien être . Satisfaction Merci la voix …cela aurait pu être toi …
    Voilà . Je viens de revivre ce moment , comme je le revois chaque fois que j’y pense , avec plus ou moins de détails que je ne peux exprimer par écrit … Car c’est avant tout émotionnel et cérébral … Mais actif !
    Il y a d’autres choses que j’apprendrai ensuite qui me feront sourire, mais elles ne m’appartiennent pas … Alors je ne pourrais te les dire chère Ysel …

    Je l’ai écrit comme je viens de le revivre . Pour te remercier de me l’avoir fait vivre . Sans retenue
    Et sans pudeur. Dans mon entièreté , en te priant de m’excuser pour le style , pour l’orthographe et la grammaire et les erreurs de frappes … J’espère juste avoir réussit a te faire partager un peu de ce que j’ai vécu . On pourra si tu le souhaites compléter un jour par un echange verbal . Je serais curieux aussi d’avoir ta version … Ce que tu as fait pour nous guider, maintenir ceci ou pas , ce que tu as vu…ou pas !? J’aimerais aussi avoir le retour de Julie ( je crois que c’est son prénom) et de l’autre Jf du début …) Mais peut être que c’est mieux aussi de rester ainsi , avec mon seul vécu, mon seul ressentit …!?

    le plus surprenant, c’est que moi (bêtement je l’avoue) , je pensais que tu savais ce que j’avais en tête. çà me paraissait évident. Et pareil pour les autres, comme-ci on avait été plongé dans le même décors, comme dans un film virtuel. »
    Lord

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    1. Je souris en lisant ce long partage, Lord.
      Je suis ravie de savoir (une partie de ) ce qui s’est passé dans l’un des rêves d’Erosphère.
      J’ai ressenti clairement la puissance de ce qui s’est dégagé des groupes (une belle énergie, vraiment!) et j’ai entendu pas mal de commentaires en passant…
      Mais c’est le premier qui m’est parvenu par écrit, si détaillé et touchant. Merci pour cela!
      Ysel

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  2. Merci à toi et à Théo pour la musique, les sons et les mots qui semblaient venir tout droit d’un rêve.
    Le récit de mon voyage, ou plutôt des bouts de voyage :

    La voix d’Ysel est douce et précise, volutes hypnotiques en fil tendu entre notre imaginaire, la pièce obscure où nous nous trouvons, allongés, et toutes ces autres consciences qui, comme moi, ont accepté le voyage.

    « Fantasmes ! »
    Quelqu’un circule entre nous chargé d’un plateau. Sur celui-ci, des boules de pâte à modeler de couleurs différentes. Chacun en prend une qu’il réchauffe dans son giron, pose à même le sol ou garde au creux de la main.
    Ysel nous demande d’adopter une croyance : le temps d’une heure et demi, cette boule sera un prolongement de nous-mêmes. Elle se charge de notre énergie et de nos désirs, de notre intuition et d’images, de notre puissance intérieure et de nos fantasmes, les plus inattendus comme les plus secrets, les plus inavoués comme les plus inavouables. L’imaginaire n’a ni limites ni morale, seule la boule a des contours que nous changeons à volonté. Caresser de la paume, pétrir des phalanges, marquer des ongles… Notre boule est notre réservoir de vie, un cœur palpitant et magique qui nous sert aussi de boussole.

    « Fantasmes ! »
    Ysel nous invite à parcourir la pièce les yeux clos en nous laissant guider par la boule. Celle-ci sait où se diriger pour trouver son « âme sœur », l’autre boule qui vibre à la même intensité, sur la même fréquence, l’autre boule emplie d’images qui font écho aux nôtres, les pimentent ou les colorent.

    « Fantasmes ! »
    J’avance à petits pas. Je frôle des corps, en ignore d’autres. Ma boule est un radar, un détecteur qui me souffle « Peut-être », « Non », « Sûrement pas ! », « Tiens, tiens… », « Allons voir plus loin »… Puis soudain, c’est là. Immédiat, évident.
    « OUI ! »
    Une onde brûlante me traverse. Sa vibration se répand dans mon ventre, mon sexe, mon crâne. Je tremble.
    « Oui, oui, oui ! »
    Ma boule, comme aimantée, se rapproche d’une autre. Je ne sais pas qui la tient. Un homme ? Une femme ? Peu importe. Je sais qu’elle est pour moi, unique, et que je suis pour elle, unique.
    Aujourd’hui j’avais rendez-vous. C’est juste que je l’ignorais.

    « Fantasmes ! »
    Danse barbare de nos mains jointes. Nos boules se frôlent puis se mêlent, pulpe de fantasmes écrasée entre nos doigts. Mais qui est là, en face ? La curiosité est la plus forte. Il faut que je sache.
    J’entrouvre les yeux et vois des pieds d’homme. Je referme les paupières. J’entends son souffle et je sens sa peau, son haleine, ses hoquets.
    Notre danse se poursuit, tour à tour tendre et violente. Nos poignets se touchent tandis que la pâte se tord. Je suis, nous sommes branchés quelque part, très haut, inclus dans un « grand tout » qui nous emplit. Béats. Reconnaissants. Au bord de la jouissance et des larmes.

    « Fantasmes ! »
    Je suis pleine de force et d’amour, de gratitude et encore d’amour. Infini. Vibrant. Images, sensations, émotions… Tout est décuplé, intense, délicieux. Je suis là et ailleurs. Je suis moi et je suis lui, cet homme avec qui j’avais rendez-vous. Entrée dans sa tête, dans sa conscience ou sa mémoire peut-être, je vois des images qui ne m’appartiennent pas, des silhouettes confuses, un geyser de couleurs.
    Feu. Or. Pourpre.
    Je suis moi et je ris aux anges. Je suis lui et je pleure, la joue sur mon épaule.
    Je suis moi et je le serre contre ma poitrine avec l’absolue certitude de le connaître.

    « Fantasmes ! »
    Ysel nous invite à doucement terminer le voyage. Je secoue la tête. Non. Je ne veux pas revenir. Je ne veux pas redescendre. Je ne veux pas quitter cet homme. Je veux rester avec lui, là-haut, nos boules mélangées en une couleur unique. Nous séparer, c’est comme une main coupée, un adieu sans retour, un arrachement du pays natal. Je ne veux pas, non plus, défaire notre intimité à coups de mots. Parce qu’au fond, il n’y a rien ou trop à dire.

    « Fantasmes ! »
    Longtemps je garderai, sertis dans les creux de ma bague, des fragments de nos boules fusionnées.

    « Fantasmes ! »

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  3. Je suis une charrue ailée.Un bruissement d’ailes chevauche le grondement du tonnerre : cet apparent paradoxe s’est fait chair à travers moi. J’ai vécu dans mon corps la légèreté et l’ouverture de l’ avant d un poitrail d’oiseau, qui pulse au rythme des battements d’ailes. J’ai vécu aussi la sensation de séparer la terre en deux, de sentir la terre trembler,craquer, retomber de chaque côté en gerbes fleuries. La joie puissante de l’ouverture féconde qui nait, monte en mon axe et fait trembler d’une vibration éraillée les oscillations de mon avancée implacable. Mes ailes battent et le bronze de mon corps gonfle, pulse, tandis que je baigne dans le souffle. Haut de 20 étages, je vole et pourtant reste ancré dans le sol…

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  4. Je n’étais pas à l’aise avec l’idée de l’hypnose. D’un côté, la crainte que ça ne marche pas sur moi, de me sentir exclue de quelque chose. De l’autre, la crainte que ça marche, de me découvrir moins forte et indomptable que j’aime m’imaginer. Pourquoi faire cet atelier, alors ? Uniquement pour voir Ysel à l’oeuvre, avoir confirmation de la force et du talent que je soupçonnais en elle.
    Nous entrons dans May be, la salle la plus vaste et je m’assois tout contre V. la délicieuse. Nous nous tournons autour depuis le début du festival. Nos mains se trouvent, quelques baisers, quelques caresses, je démarre cet atelier dans une énergie pré-existante, qui lui est étrangère. Certainement une stratégie de protection. Ysel débute sa présentation, elle est impériale, sa voix, déjà nous saisit. Sa présence est à la fois écrasante et bienveillante, dominatrice et accueillante. Je pense, avec le recul, que j’avais peur.
    Ma main quitte la cuisse de V. car Ysel nous a demandé de n’avoir aucun contact physique entre nous. On nous distribue des boules de pâte à modeler.
    Je suis incapable de transmettre pas à pas le déroulé de ce voyage. Sa voix, la boucle de ses mots qui se répètent, repris par Théo en écho, les nappes de musique qu’il envoie, sa voix à lui, tout cela fusionne dans une expérience de plongée en moi. Je lâche prise avec moi-même, c’est le plus difficile. Nous sommes une quarantaine et je suis seule. Les yeux rivés sur sur la boule de pâte, je la pétris et des replis successifs ne cessent d’émerger des sexes de femme – non, mon sexe. Qui se déconstruit, se reconstruit, qui palpite et respire, respire encore…
    Mon corps est tout plomb et tout éveil à la fois. Ma peau a pris conscience d’elle-même quand nous y avons promené notre boule. La chaleur est montée de mon sexe quand j’y ai déposé ma boule, légèrement écrasée en appuyant sur elle, s’enfonçant dans mon bas-ventre, afin qu’elle ne roule pas.
    Quand La Voix nous ordonne de nous lever, de marcher lentement, afin de laisser nos boules se choisir, pour nous regrouper par trois, j’obéis mais avec la conviction de rester seule. Je ne crois pas trop à cette histoire de “volonté propre des boules”. Comme demander, je n’ouvre les yeux que juste assez pour rester plonger dans ma boule et je déambule, presque dans l’évitement des autres. Et je m’arrête, ma boule s’arrête. Cette autre boule est aussi arrêtée. Qui de nous deux s’est arrêté le premier ? Nous sommes nous immobilisés au même instant précis ? Stupéfaite, incrédule, je vois au-delà de nos boules la toison d’un ventre mate, le blanc violent d’un pantalon. Qui est-ce ? Je relève fugacement les yeux, juste le temps d’identifier…Oui, c’est lui – une surprise sans en être une… Quelqu’un que je connais et ne connais pas, qui est hors de ma zone de sécurité, vers qui je n’aurais osé aller. Une troisième boule tente de nous approcher mais la fusion est commencée. Le mutisme de nos corps chasse cet intrus.
    Nous rejoignons le sol, c’est très différent de s’asseoir – et nos boules se rassemblent, nos doigts se mélangent. Nos gestes sont violents, j’essaie par moments de les adoucir mais cela revient toujours : tension, force, brutalité, cette nouvelle boule est le support de cette empoignade presque exclusivement mentale mais c’est comme si nous nous mordions, nous tirions les cheveux, nous fouillons l’un l’autre. J’halète, mes yeux brûlent d’être toujours fixés sur cette boule que nous écrasons, tordons, rassemblons et d’où émerge encore tant et tant de replis sexués, sexualisés. De vagins torturés, de bras contraints, de caresses lourdes.La Voix nous enjoint de nous séparés mais c’est impossible. Cette action enfantine, sensuelle, violente nous absorbe totalement et l’idée de nous déprendre, de disjoindre nos doigts est inadmissible. Je m’arrache et ça me déchire – vite, avec un sentiment d’urgence, je rejette ma boule dans la sienne et nous nous reprenons, nous reséparons… Combien de fois ? Trois, je pense, je n’en sais rien.
    Hagarde, je me raccroche à La Voix, essaie de ne pas lui en vouloir, rends avec effort ses droits à notre guide. Qui nous ramène à l’intérieur de nous-mêmes.
    Le voyage se poursuit avec la visualisation d’un escalier, des portes derrière lesquelles se cachent nos fantasmes, que nous devons découvrir. Je suis mauvaise à ces jeux-là, j’essaie de ne pas trop y penser, de “rattraper le cheval” comme Ysel nous l’a appris.
    J’ouvre ma porte et des images confuses se noient et s’imbriquent les unes dans les autres. Des femmes, dont les longs cheveux lisses se mélangent, rient mi-innocentes mi-lubriques ; c’est une clairière, non une rivière, de nouveau une clairière. Se dresse avec une majesté à couper le souffle un centaure. Il se dégage de lui une beauté, une force, une fiabilité qui m’étreint toute. Dans ces images, il y a de moi, il y a de lui – du mélange de nos boules a rejailli “quelque chose” de l’autre, qui s’est révélé.

    Quand il faut neutraliser notre boule, lui ôter tout ce que nous avons projeté en elle, afin qu’elle quitte son statut magique pour ne redevenir qu’un objet inerte et dépourvu de sens, la tension du voyage se relâche et des larmes m’échappent.

    L’atelier est fini mais le lien persiste entre tous deux. Je colle mon épaule à la sienne, dépose un baiser contre son cou. A la question d’un tiers, je réponds : “C’est juste qu’on vient de vivre un truc incroyable autour d’une pauvre boule de pâte à modeler.” Avec un rire de gorge où tinte un peu de timidité, il ajoute “Oui, c’est ça..”

    Moiselle Pardine, avec stupeur et gratitude…

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  5. Mon voyage commence par le roulement de cette pâte entre mes doigts dans un mouvement lent et régulier. J’apprécie les qualités de sa matière qui résiste à la pression, sa couleur, sa texture légèrement collante, son odeur. Mon mouvement est continu tandis que j’entre dans un état second, guidée par la voix d’Ysel vers des fantasmes sans barrières.

    Première image projetée sur mes paupières closes : surprise. Un corps reptilien sombre, humide, luisant sous une lumière froide. Le mouvement de ce corps se prolonge en sinuosités, sans se laisser observer dans son ensemble. C’est comme un concept, une ondulation animale primaire, nocturne, des bas fonds de l’esprit. J’observe ces mouvements continus comme la pâte qui roule sans cesse dans ma paume et entre mes doigts. Les images se succèdent aussi étranges et abstraites les unes que les autres.

    Il est ensuite temps de chercher un partenaire. Je me lève et mes pas me guident vers une direction, puis une autre, jusqu’à m’arrêter à la hauteur d’une femme assise qui présente sa boule parfaitement ronde et lisse au creux de ses deux mains, devant elle comme une offrande. Ma boule, elle, n’a pas pris de forme stable : je la travaille, la malaxe, toujours en mouvement, vivante de mon fantasme en devenir.

    Allons voir ce que ces opposés vont produire ensembles.

    Nos mains et nos boules s’unissent. Parfois je montre un mouvement, parfois elle, tout semble aller de soi sans efforts ni réflexion, nous collaborons inconsciemment. Lorsque nous nous séparons, je ne sais absolument pas ce que j’ai pris ni apporté à cette personne.

    Puis Ysel nous guide dans un escalier. Le miens est en béton, il monte l’étage d’un immeuble vers une porte de métal couleur brique. Je monte, ça monte… Je suis proche d’ouvrir la porte, je sens derrière les images qui m’appellent comme des tentacules et des mains tendues émergeant d’une puissante masse d’imagination, mais je les retiens.

    La porte s’ouvre vers une vaste pièce sombre. Des étages, des grilles de métal, des matières noires qui font comme une deuxième peaux, des chaines, des créatures plus tout à fait humaines. J’observe cette scène incroyable jusqu’à me sentir pénétrée derrière par une sensation diffuse jusque dans mon ventre.

    Au réveil, je retrouve ma partenaire, curieuse de voir si on saura démêler nos fantasmes respectifs. Le sien est inavouable, impossibles, dit-elle. Mais dans le monde du rêve, les fantasmes doivent-ils être réalistes ?

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    1. Merci pour ce récit, Cynabre.
      En effet, dans le monde du rêve, les fantasmes n’ont pas à tenir compte du réalisme, déterminé selon le réel partagé.
      La scène derrière la porte de métal couleur brique a l’air particulièrement saisissante 🙂

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